La Messagerie LinkedIn
Là où tout se passe pour de vrai
Dès que j’ai commencé à m’intéresser à la création de contenu LinkedIn, j’ai analysé ceux qui y avait percé.
Je voulais voir ce que pouvait réellement offrir la plateforme quand tu investissais en elle (sans passer par une des centaines de formations payantes de LinkedIn qui pullulent sur ce réseau social).
Je voyais dans mon fil d’actualité des créateurs établis poster et avoir 250 likes et 40 commentaires dans les 90 minutes.
Cela me semblait des performances impossibles à atteindre, mais un défi captivant à relever (je tiens à dire qu’à l’époque, j’ignorais l’existence des POD)
La comparaison avec les autres (surtout le haut du panier ) c’est le premier mirage, celui qui t’empêche de voir la réelle valeur ajoutée de LinkedIn… et ton vrai potentiel, par la même occasion.
Beaucoup tombent dans ce piège, car il est lié à un objectif, mais cet objectif est souvent flou, superficiel et intangible.
Derrière un objectif avouable : “ Trouver un emploi”, peut se cacher des tas d’objectifs moins avouables comme “Vouloir être reconnu”, “Vouloir être aimé”, “Devenir quelqu’un” etc.
C’est précisément ces objectifs moins avouables qui font perdre la tête à certains et certaines et brouillent leurs messages de manière schizophrénique.
Je reviendrai sur ce constat dans le prochain chapitre.
Pour ma part, il m’a fallu des mois pour réaliser que je ne regardais pas les bonnes métriques dans ma recherche d’emploi.
Au début, je faisais comme tout le monde, et j’analysais uniquement :
Le nombre de likes
Le nombre d’impressions
Parce qu’untel disait qu’il fallait faire comme ci ou comme ça.
J’ai appliqué de manière scolaire ce qu’il était convenu de faire pour obtenir des “résultats” sur LinkedIn.
En vain.
Ces indicateurs flattaient mon égo, uniquement. S’ils permettaient de dégager des tendances, ils ne donnaient, en revanche, aucune indication concrète sur ma capacité à attirer des prospects.
Et j’ai réalisé que la vraie valeur se situait plutôt dans :
Le nombre de visites de profil
Les messages reçus
Et oui, parce que si les posts, les likes et les commentaires sont la vitrine du personal branding, les opportunités business, les partenariats et les signatures de contrats se passent en coulisses.
Les posts, c’est pour divertir en informant, c’est de l’influence pure. La messagerie, c’est vraiment là que tu concrétises tes objectifs de manière tangible
Recevoir un like, c’est bien.
Un commentaire, c’est cool.
Mais un message, c’est le Graal (enfin, certains !)
Et dans la famille des messages, tous ne se valent pas.
Quand je me connecte, c’est la messagerie que je consulte en premier, pas les notifications.
Je tombe alors sur plusieurs types de messages :
Les messages de ceux qui sont passés sur mon profil :
Les fameux “ Hey, ça va ? J’ai vu que tu étais XX. Cela tombe bien ! J’ai créé une vidéo qui explique que… afin de… Tu veux la voir ?”
Ce type de message, on a dû tous en recevoir au moins une fois. Ils sont impersonnels, froids et probablement envoyés à la volée. Selon moi, il s’agit de la pire des approches de prospection.
Mais soyons honnêtes : il est probable que la personne qui envoie ces messages a fait de son LinkedIn son seul canal d’acquisition client. C’est à dire qu’elle dépend à 100% de LinkedIn et n’a pas d’autre choix que d’envoyer des messages en masse en plus des posts quotidiens.
C’est finalement très facile de détecter quelqu’un qui dépend à 100% de LinkedIn : Il est omniprésent, quitte à devenir lassant. Mais ce n’est pas un problème, car il ne cherche pas à fidéliser ses clients, mais à en trouver des nouveaux afin de grossir son nombre d’abonnés, “preuve sociale” s’il en est, d’une certaine légitimité. Un minuscule pourcentage de son audience va finalement payer pour ses services, ce qui n’est pas suffisant pour maintenir un business rentable sur le long terme. Il va donc continuer encore et encore afin que la source jamais ne se tarisse.
Les messages de ceux qui veulent de la FORCE
C’est une technique pas très éloignée du POD, mais qui se passe à 100% sur LinkedIn. Quelqu’un que tu n’as jamais vu se met soudainement à liker tes publications et à les commenter. Au bout d’un certain temps, il t’envoie un message privé avec le lien d’un article qu’il vient de publier :
“ Je ne te demande pas grand chose…Peux-tu liker et/ou commenter ce que je viens de poster pour la visibilité, s’il te plait ?”
Oui, le message est assez directif.
A cela, je suis toujours un peu perplexe.
D’un côté, on me force la main alors que je n’ai rien demandé. De l’autre la personne semble, en général, de bonne foi et n’a peut-être pas conscience d’être intrusive à ce point.
Pour ma part, je like ce que j’aime et je ne force personne à liker mes publications.
Si la personne m’apparait sincère, il m’arrivera de “lui faire plaisir” une fois, mais pas deux. Après tout, je ne lui dois absolument rien.
De la même manière, les messages insistants de personnes qui s’étonnent qu’on ne like pas leurs publications sont tout aussi intrusifs.
Les messages de ceux qui souhaitent t’embaucher
C’est souvent des Inmails provenant de recruteurs eux-mêmes issus d’ESN, mais ça peut également être de potentiels clients, même si c’est plus rare.
Etre contacté via un Inmail c’est un bonne nouvelle car ça veut dire que ton profil remonte dans les résultats recherche, grâce à ton SEO, ton positionnement ou même tes posts (car oui, les posts, qu’ils soient bons ou mauvais, te font remonter dans les résultats).
Mais il y a des inconvénients : qui dit Inmail dit message provenant d’une personne qui n’est pas en relation avec toi. Ce recruteur a probablement utilisé LinkedIn to SalesForce pour taper des mots-clés afin de trouver des candidats pour une opportunité de mission. Il a ensuite pu envoyer des messages à la volée sans même avoir consulté ton profil. On retombe facilement dans le message générique impersonnel et froid, même si enjolivé par la politesse “Votre profil a retenu mon attention…”
Ce que je fais généralement c’est vérifier, par des questions, que la personne a bien regardé mon profil et que la démarche est sérieuse.
Le problème de ces envois à la volée c’est qu’il n’y a pas toujours de réponse.
Les messages de ceux qui apprécient ton contenu
Les meilleurs, selon moi. Ils proviennent de personnes diverses qui s’adressent à toi en privé pour t’exprimer leur ressenti sur tes publications. C’est sincère et désintéressé. C’est très touchant et ça donne la banane pour le reste de la journée.
Les messages de ceux qui n’apprécient pas ton contenu
Les pires, selon moi. Non, je rigole !
On dit souvent qu’ils sont le signal que ton contenu commence à interpeller. Je n’ai aucun problème à débattre tant que cela reste constructif. Reste à savoir ce qui est constructif de ce qui ne l’est pas, et je laisse chacun juger où il place son curseur.
Mais pourquoi la messagerie est-elle si importante ?
Bon, tout ça c’est très bien, mais la vraie question c’est de savoir en quoi la messagerie c’est ce qui a de plus intéressant sur LinkedIn.
Concrètement, j’ai commencé à bâtir mon réseau grâce à la messagerie.
Quand j’étais encore en CDI, je recevais des dizaines d’opportunités sans jamais avoir posté sur LinkedIn. J’en recevais tellement que je ne me donnais même pas la peine de répondre.
Une grossière erreur, avec le recul…
Bon, c’était entre 2022 et 2023, à une époque maintenant révolue où le marché était radieux, mais toujours est-il que j’avais des dizaines de contacts dormants dans ma messagerie.
J’ai commencé par envoyer des messages et appeler ceux qui avaient laissé leur numéro.
Des fois, je n’avais aucune réponse, d’autres fois, la personne était partie et une nouvelle personne la remplaçait.
(Ah oui, parce que dans le monde merveilleux des recruteurs, le turnover, c’est la base)
C’est à partir de ce moment que je me suis dit que je devais mettre tous ces contacts dans un fichier et c’est comme ça que j’ai commencé à bâtir mon vivier.
Mais la messagerie ne sert pas uniquement à récupérer des coordonnées, elle t’aide aussi à agrandir ton réseau de manière spectaculaire.
Des fois, c’est les gens qui viennent vers toi. Dans mon cas, c’est des gens qui ont 100 fois plus d’abonnés que moi.
Alors oui, certains, c’était pour me vendre quelque chose.
Mais le simple fait d’avoir un tête à tête avec eux en visioconférence, ça a changé pas mal d’aprioris que j’aurais pu avoir juste en lisant leurs posts.
C’est grâce à ces visio que je me suis rendu compte d’une chose importante, mais néanmoins souvent oubliée.
Les personnes avec qui on interagit sur LinkedIn ne sont pas les mêmes en vrai et c’est parfaitement normal
Qui se verrait interagir dans la rue avec n’importe qui comme si c’était un ami ?
Personne.
Je dirais même que la sincérité est beaucoup plus présente en message que dans les posts, car elle n’est pas publique.
On se dit tout, même quand ce n’est pas agréable.
“ Ton offre est pourrie”, “Je suis pas intéressé”, “Apprends à écrire, stp”
Et c’est ce qui rend la messagerie si intéressante.
C’est le dernier véritable espace de liberté de LinkedIn.
Et encore, je ne suis même pas sûr.
A notre époque, la censure plane à tous les étages et surtout sur les réseaux sociaux.
En résumé, si je devais commencer LinkedIn aujourd’hui en 2025, je commencerais par la messagerie.
Je travaillerais tous mes messages de prospection, j’analyserai les messages des concurrents, je ferai en sorte de devenir incollable sur la manière d’attiser l’intérêt d’un prospect dans une conversation.
En gros, je deviendrai un commercial de LinkedIn, un vrai VRP.
Mais toujours dans l’idée de ne pas être à 100% dépendant de LinkedIn.
Les posts sont surcotés et mis en avant par tous les formateurs LinkedIn, tandis que la messagerie est sous-cotée et délaissée, relayée à une prospection agressive, froide et désincarnée, sans réel résultat pérenne.
Et c’est bien normal, car cette dernière ne se voit pas. Ce qui s’y passe est tabou et opaque.
Mais c’est pourtant elle qui a le plus d’impact sur le business et les partenariats, selon moi.
En parlant de liberté, je me demande toujours si LinkedIn est vraiment libre ou est-ce juste un argument marketing ?
Ce sera l’objet du prochain chapitre.
En attendant, prenez soin de vous pendant les vacances.
Tchô !
Bruno


